Numéro 3 : Love Story d’Erich Segal (1970)

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« Que dire d’une jeune fille de vingt-cinq ans quand elle est morte ? Qu’elle était belle. Et terriblement intelligente. Qu’elle aimait Mozart et Bach. Et les Beatles. Et moi. Un jour qu’elle me mettait carrément dans le même sac que tous ces gars et leur musique, je lui demandais dans quel ordre elle nous classait. Elle sourit et dit : « Alphabétique ». Sur le moment je souris aussi. Aujourd’hui, je me demande si sur sa liste je figurais par mon prénom – autrement dit à la traîne derrière Mozart – ou par mon nom de famille, ce qui me permettait de me faufiler juste entre Bach et les Beatles. D’une manière comme d’une autre, je n’arrivais pas en tête et ça peut paraître stupide mais je ne peux pas m’y faire parce que j’ai grandi avec l’idée que je devais être le premier partout. On a des traditions dans certaines familles. »

Il fut un temps où je pouvais réciter par cœur cette première page. La première fois que j’ai lu Love Story, j’avais à peu près quinze ans, et j’avais vu ce livre traîner depuis toujours dans la bibliothèque de mes parents. Ce roman raconte une histoire d’amour (comme son  nom l’indique !) entre Oliver, un jeune étudiant de Harvard, fils de bonne famille et gâté par la vie, et Jenny, une étudiante de Radcliffe, d’un milieu plus modeste et assez bohème. Un roman d’amour, tout ce qu’il y a de plus banal en vérité, mais pour l’adolescente que j’étais, c’est une histoire qui m’a vraiment transportée.

J’y ai découvert le monde des universités américaines, dont la prestigieuse et mythique Harvard, le hockey et les États-Unis des années 60, en pleine révolution culturelle. On a beau dire, mais la culture américaine est vraiment différente de la nôtre en France, et elle m’attire beaucoup. Et Love Story fut en quelque sorte le déclencheur de cet intérêt que je porte aux États-Unis et à leur culture.

Les deux personnages principaux y sont extrêmement attachants. Oliver possède ce côté très séduisant des fils de bonne famille et dans l’équipe de hockey de Harvard (c’est sans doute de là que vient ma fascination pour ce sport d’ailleurs!). En France, dans ma vie de l’époque, Oliver aurait joué au rugby dans l’équipe du lycée, aurait eu une jolie particule et un beau domaine familial en Anjou. Il est le héros de romance pour adolescents par excellence. Il a tout pour lui, et surtout, il a toutes les filles à ses pieds. Et pourtant, il s’intéresse à ce petit rat de bibliothèque sans histoire et sans importance qu’est Jenny. Vous comprenez pourquoi ce roman m’a tant plu ! Jenny semble timide au premier abord, mais on lui découvre ensuite un caractère bien trempé et une certaine profondeur d’âme qui nous surprend beaucoup. Contrairement à beaucoup d’héroïnes de romans que j’ai pu lire, je ne me suis pas vraiment identifiée à Jenny, mais je me suis beaucoup attachée à elle. Le narrateur étant Oliver, nous vivons l’histoire de son point de vue, donc nous nous identifions plus facilement à lui.

Love Story est un livre qui se lit très rapidement, notamment grâce à un langage très oral et pas mal de dialogues. Cette familiarité, et toutes les piques que peuvent s’envoyer les deux protagonistes, apportent vraiment du relief à l’histoire, et font sa singularité parmi la multitude d’histoires d’amour tragiques dont la littérature regorge.

En terminale, j’avais dû faire, pour mon plus grand plaisir, un exposé sur Love Story, dans le cadre de notre étude de Roméo et Juliette. En effet, le roman d’Erich Segal peut être qualifié de réécriture de la tragédie de Shakespeare. Ce sont deux jeunes gens de milieux différents, voire rivaux, qui tombent amoureux au premier regard, se marient, pour finalement connaître un dénouement tragique.  Erich Segal nous propose dans Love Story une version moderne de Roméo et Juliette, à laquelle les américains des années 60 pouvaient davantage s’identifier.

Si j’ai tant aimé cette histoire, c’est également parce qu’à travers elle, j’ai appris que le « happy ending » n’arrive pas à chaque fois. J’aime bien de temps en temps lire ou voir une fin triste. Sur le moment, je pleure, je me dis que ce n’est pas juste et que l’auteur (ou le réalisateur) est un sadique de nous faire vivre une horreur pareille (car, oui, j’investis beaucoup de ma personne et de mes émotions dans la fiction, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué !). Mais, finalement, je me complais dans ces émotions, et je me dis que cette fin tragique est la fin qu’il nous fallait. Sinon il n’y aurait pas d’histoire…

Sur ce, je vous donne rendez-vous bientôt pour le numéro 4 (j’essayerai de ne pas mettre autant de temps…)  !

Mademoiselle T.

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4 réflexions sur “Numéro 3 : Love Story d’Erich Segal (1970)

  1. Ah! Je n’avais pas pensé à ce livre-là! Bon choix 🙂

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  2. J’adorais aussi ce roman et cette première page aussi !
    Merci de nous faire replonger dans cette jolie histoire!

    Aimé par 1 personne

  3. et oui cette première page! je l’avais oubliée mais en la relisant, chaque phrase revient….(je ne sais pas si c’est clair?)
    et je ne veux pas faire ma relou mais il y a des fautes d’orthographe….

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